Etude « Etre LGBT au travail »

« On ne peut pas engager tel mec car il ne peut pas s’intégrer, il fait trop gay; tant que les homos restent à leur place, il n’y a pas de soucis; il ne faut pas qu’il me touche. »[1]

Présentés lors des assises, les résultats de l’étude nationale suisse « Etre LGBT au travail », réalisée par l’Institut des Etudes Genre de l’Université de Genève et la Fédération genevoise des associations LGBT auprès de 1’097 répondant.e.s, mettent en évidence les quotidiens professionnels difficiles des personnes LGBT, avec une homophobie et une transphobie encore trop présentes qui se manifestent à travers notamment des gestes et propos obscènes, des mises en doute des compétences professionnelles et des mises à l’écart de projets intéressants. La peur de subir des discriminations et/ou le fait d’en subir accentue fortement le sentiment de vulnérabilité et d’isolement que peuvent ressentir les personnes LGBT au travail. Les personnes trans* sont touchées de plein fouet par les discriminations, encore davantage que les employé.e.s LGB. Les personnes lesbiennes subissent, elles, une double discrimination, entre sexisme et homophobie. Les familles arc-en-ciel ont également subi l’effet néfaste des manifestations contre le « mariage pour tous » en France.

La peur d’être la cible de violences ou d’injustices ainsi que l’énergie dépensée pour ne rien laisser transparaître entraînent des conséquences négatives sur la santé des employé.e.s: angoisse, stress et baisse de l’estime de soi.


Les milieux professionnels suisses peuvent mieux faire

Plusieurs constats ont émergé lors des assises. Les milieux professionnels suisses peinent encore à s’emparer de la thématique. En effet, les politiques de diversité sont surtout présentes dans les entreprises multinationales, comme chez Thomson Reuters ou la Banque Barclays. Elles sont cependant quasi inexistantes dans les PME ou start-up suisses ou dans les entreprises qui n’ont pas une « culture » d’entreprise anglo-saxonne. Les questions trans* sont encore moins abordées que les questions LGB, alors que les personnes trans*, comme l’indiquent les résultats de l’étude, sont touchées de plein fouet par les discriminations, encore davantage que les personnes LGB.

Un autre constat est que les institutions publiques genevoises et les organisations internationales ont davantage avancé sur ces questions que le milieu du privé, avec les exemples positifs de la Ville de Genève, le Bureau International du Travail ou UN Globe.

Les résultats préliminaires de l’étude nationale « Etre LGBT au travail » corroborent ces constats. Peu de répondant.e.s ont indiqué que la charte de leur entreprise mentionne explicitement un principe de non-discrimination en lien avec l’orientation sexuelle – sans mention de l’identité de genre – et très peu indiquent que des actions concrètes ont été mises en place. Lorsque des employé.e.s ayant subi de l’homophobie ou de la transphobie se sont plaint.e.s à leur hiérarchie, aucune mesure n’a été prise dans 86% des cas.

L’homophobie et la transphobie dans les milieux professionnels suisses sont encore très présentes. Il y a donc urgence à agir pour que la Suisse rattrape son retard sur ces questions. Il s’agit d’égalité des chances, de bien-être et de santé des employé.e.s.

Vous pouvez télécharger ci-dessous les résultats de l’étude et le bilan global des assises ici. Pour toute question: Lorena Parini, maître d’enseignement et de recherche à l’Institut des Etudes Genre de l’Université de Genève: lorena.parini@unige.ch

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[1] Extrait d’un témoignage d’un répondant de l’étude « Etre LGBT au travail »