Contexte

Les premières Assises contre l’homophobie à Genève (2009)

La journée de Suivi (2011)

En Suisse, les jeunes LGBT ont encore à faire face à l’homophobie[1]et à la transphobie. Les résultats des enquêtes Santé gaie réalisées à Genève par l’association Dialogai et l’Université de Zurich montrent que les jeunes LGBT ont 2 à 5 fois plus de risque de faire une tentative de suicide. Ces discriminations ont des conséquences néfastes sur leur vie sociale, leur parcours scolaire et leur santé. Face à cette urgence, la Fédération a mis sur pied, en partenariat avec l’Etat et la Ville de Genève, et l’Institut d’Etudes Genre de l’Université de Genève, les premières Assises contre l’homophobie à Genève, qui eurent lieu le 4 et 5 septembre 2009. Ces deux journées de conférence réunirent principalement les actrices et acteurs ayant un lien direct avec la jeunesse genevoise et les milieux de l’éducation : Département de l’Instruction Publique, de la Culture et du Sport ; Service de la Santé de l’Enfance et de la Jeunesse ; Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle ; etc. Elles permirent de dégager, ensemble, des pistes d’action concrètes pour prévenir l’homophobie et la transphobie plus particulièrement dans les milieux de l’éducation à Genève.

Organisée par la Fédération, avec les partenaires des Assises de 2009, une journée de Suivi des premières Assises, « Avancées et perspectives », eut lieu le 5 octobre 2011. Elle émanait d’un désir commun de faire un état des lieux des projets mis en place et d’un désir de renforcer encore d’avantage les collaborations communes. Ainsi, le Département de l’Instruction Publique, de la Culture et du Sport prit des engagements forts à travers notamment la création d’un poste d’attaché.e aux questions d’homophobie et de diversité rattaché au Département de l’Instruction publique, de la culture et du sport du Canton de Genève ; la formation, à l’interne, aux questions LGBT, du 2/3 des collaborateurs et collaboratrices du Service Santé de l’Enfance et de la Jeunesse. Un poste de chargé.e de projet LGBTIQ, rattaché au Service Agenda 21 – Ville Durable, Département des Finances et du Logement de la Ville de Genève, fut également créé.

Un bilan, un verbatim de toutes les interventions et un documentaire des premières Assises et de la journée de Suivi sont disponibles ici.

Les collaborations entre le DIP et la Fédération se sont concrétisées depuis 2009 notamment à travers des ateliers de prévention de l’homophobie et de la transphobie dans les établissements scolaires genevois et par des séances de formation des professionnel.le.s de l’éducation.

 

Pourquoi le monde du travail ?

Dans la continuité des premières Assises et de la journée de Suivi, les assises « La diversité au travail : un enrichissement mutuel » porteront cette fois-ci plus précisément sur les milieux professionnels.

Des études récentes, en France et au Canada essentiellement, ont en effet mis en évidence les difficultés et les discriminations auxquelles les personnes LGBT sont confrontées dans le monde du travail.

En France, l’association nationale l’Autre Cercle a publié en 2011 des chiffres qui soulignent le manque de visibilité des personnes LGBT au travail. Selon cette enquête, 67 % des personnes interrogées ne souhaitent pas faire leur coming-out au travail, par peur des conséquences négatives. Faire son coming-out au travail implique encore trop souvent d’avoir à faire face à de l’homophobie et/ou de la transphobie qui se manifestent à travers des insultes, des stagnations de poste, des pertes de responsabilités, du mobbing, voire des licenciements. Ainsi, selon le climat professionnel qui les entoure, face à la peur d’être discriminé.e.s ou face aux discriminations, les employé.e.s LGBT doivent adopter des stratégies d’anticipation ou d’adaptation qui sont sources de stress, avec une incidence évidente sur le bien-être et la motivation au travail.

Des témoignages recueillis dévoilent ces difficultés. Certain.e.s sont amené.e.s à s’inventer un.e conjoint.e du sexe opposé, voire à ne pas pouvoir parler de leur famille arc-en-ciel. D’autres se sont vu.e.s refuser la reconnaissance de leur partenariat enregistré, malgré la loi. Une femme ne s’est pas vue confier des dossiers avec des responsabilités plus importantes. Sa supérieure hiérarchique évoquait pour motif que son « look lesbo » n’était pas assez féminin, allant même jusqu’à dire « Vous êtes une femme, n’est-ce pas ? Confirmez-le-moi !».

Les discriminations subies par les personnes transgenres au travail montrent une réalité particulièrement grave. Selon un sondage effectué par l’association suisse Transgender Network Switzerland en 2012, 90% des personnes interrogées disent avoir été renvoyées au moins une fois dans le courant de leur carrière, sous des prétextes divers de leur hiérarchie.

Les personnes transgenres interrogées évoquent, au contraire, des raisons majoritairement liées à un mobbing. La qualité du travail et des relations professionnelles, en conséquence, s’en ressentent : stress, anxiété, basse estime de soi, distraction au travail, taux d’absentéisme plus élevé, changement plus fréquent de poste, absence aux événements sociaux et aux rencontres entre collègues organisés dans le cadre de l’entreprise, etc.

 

[1]Vous trouverez ici un lexique des termes utilisés.